Le concept à l’origine de la Vie en Rose était d’imaginer une immersion de l’art contemporain dans une fête populaire, débridée et centenaire. En 1990, sur une proposition de Fabien Lefebvre, le premier char monochrome a vu le jour, avec un char et des acteurs entièrement noirs : il a fait sensation, la Vie en Rose s’était installée dans la cavalcade.
Ensuite, divers chars ont vu le jour, parfois en hommage au travail d’artistes célèbres, parfois pour dénoncer les travers de la société, mais toujours dans la joie et le partage. Devenu collectif d’artistes, réalisant des expos et participant à des festivals, l’association se concentre désormais chaque année sur la construction d’un char au hangar de la Parfonterie.
Le moment de « gloire » de la Vie en Rose fut l’acquisition par le Mucem de son char « Travailler plus » : une reconnaissance institutionnelle qui contribua au classement du Carnaval à l’Unesco. Une boîte spécialisée dans le transport d’œuvres d’art est venue chercher, avec un camion surbaissé, cette petite usine à roulettes montée sur une vieille 304 au cardan foutu, protégée dans un sarcophage comme s’il s’agissait de la Vénus de Milo. Vendu 1 000 euros, ça a permis de racheter une moissonneuse-batteuse pour la suite.





